Les 31 ans d’un Champion ou le complot du siècle.

Posted: 1 février 2011 in Amis

31 ans.

Oui, ça calme de se dire que j’ai désormais fait un nouveau pas de plus dans la trentaine.

A une autre époque, quand je m’imaginais à trente ans, j’avais naïvement l’ambition d’être comblé dans tous les domaines. Force est de constater que j’ai été contraint de revoir pas mal d’ambitions à la baisse…

Bref, mes trente ans révolus ont plutôt été placés sous le signe d’un petit passage à vide. Non pas que de vieillir m’inquiète, mais de vieillir dans une vie qui ne ressemble pas vraiment à ce que j’aurais aimé qu’elle soit : oui, alors là, un peu quand même…

Autour de moi, tout le monde fait son bonhomme de chemin, gravit des étapes (et non pas des moindres)… Personnellement, j’ai l’impression de stagner au milieu d’un entourage qui avance.  Un peu comme l’histoire de la Reine Rouge dans “L’autre côté du miroir” de Lewis Caroll.

Bref, alors que j’étais plutôt sollicité par mes amis, l’idée de fêter mon anniversaire cette année était vraiment au dessus de mes forces. Et surtout, je n’aime pas vraiment être mis en avant des attentions. Donc, cette année, c’était décidé : je ne faisais rien du tout.

C’était sans compter sur Alex et Arnaud, mes deux frangins du Mans (il vous suffit de taper “Alex et Arnaud” dans la barre de recherche du blog pour vous rendre compte à quel point l’amitié que nous nous portons est sincère).

En effet, lors du réveillon du Nouvel An, Alex me dit que ça fait longtemps qu’ils ne sont pas venus à Orléans. Et comme parfois, il vaut mieux me bousculer que d’attendre qu’une idée germe dans ma cervelle de vieux gars solitaire, il me propose de venir avec Arnaud me voir le week-end du 22 janvier.

“Mais soit, soit ! Avec plaisir même”.  Et la discussion s’en était arrêtée là.

Une semaine avant ce fameux week-end, Alex me confirme qu’ils viendront à Orléans City et que, même si je n’en ai pas spécialement envie, on fêtera tous les trois mon anniversaire dans un petit resto sympa.

Idée géniale. Il me tarde donc que la semaine passe au plus vite afin que l’on se retrouve tous les trois à Orléans.

Une semaine qui s’avérera longue, interminable. Je cumule les petites journées au travail. Je me dépêche de rentrer chez moi le soir… pour ne rien faire, à part ruminer et tourner en rond.

Vendredi 21 Janvier : 31 ans. J’ai emmené des gâteaux au taff, histoire de marquer le coup. Ma boîte mail perso est saturée de notifications Facebook. Mon téléphone vibre à longueur de journée. Je suis vraiment touché de voir que beaucoup de personnes pensent à moi en ce jour.

17h43 : C’est officiel, je me prends un an de plus dans la gueule !

C’est décidé, comme mes amis arrivent le lendemain, je passerai la soirée devant des séries, sous un plaid et un paquet de chips à portée de main. Ca c’est une soirée d’anniversaire qui a de la gueule !

Sauf que mes plans tombent à l’eau. Mon ami Sam, qui travaille juste en face de chez moi, m’invite à aller prendre un petit verre en ville. Pas au Mezzano, puisqu’il a malheureusement fermé ses portes. Allez, rendons nous à l’Atelier. Sur place, nous retrouvons un petit groupe d’amis, l’occasion de se voir après de nombreuses semaines. Je suis content de ne pas passer la soirée seul au final.

Mais le temps file déjà et je dois rentrer pour faire un peu de rangement chez moi. Le ménage à fond ? Non, je n’aurai pas le temps et puis, de toute façon, Alex et Arnaud ne se formaliserons pas s’il y a un peu de poussière, du linge étendu et quelques assiettes qui traînent. Entre frangins, on s’en fout. (Rhooo l’excuse bidon).

Ça y est, nous sommes samedi. Mes amis arrivent normalement à midi. Je dois emmener ma voiture en révision à 9h, afin de la récuperer le soir, sans prise de tête. Sauf que, le manque de sommeil s’étant accumulé tout au long de la (des) semaines, je me suis rendormi comme un loir quelques minute après que mon réveil ait sonné.

11h : Et merde !!! Panique générale. Ils débarquent dans une heure et je n’ai strictement rien dans mon frigo, je n’ai rien rangé, j’ai une tête de chien détérré… Après avoir envoyé un texto innocent du genre “vous êtes sur la route :D ?” j’apprends qu’ils ne sont pas partis et arriveront vers 13h. OUF !

Je range à la one again, nettoie la cuisine, file à la douche, m’habille en looser du dimanche, passe la serpillière, me donne un coup de tondeuse vite fait dans la barbe (je laisse le cou en friche), nettoie la salle de bain, fais une lessive et cours au Carrefour City en bas de chez moi, histoire de faire genre “j’ai un frigo trop plein, j’suis carrément prêt pour vous recevoir”.

A la caisse, des petits vieux comptent leurs tickets de réduc… 10 minutes d’attente. Texto d’Alex :  ”je suis en bas de chez toi, j’ai froid”… Ok, ok. Bon, ils vont se manier les anciens ?

5 minutes plus tard, j’arrive avec mes 4 sacs qui me lacèrent les mains en bas de mon immeuble.

Tenue top classe pour accueillir mes potes : gilet à capuche et pantalon de survet’. Renaud est dans la place quoi.

Yoshi est là, génial. Je l’aime ce chien. Content qu’ils l’aient emmené.

Le début d’après midi est tranquille, on mange devant un dvd avant de se décider à bouger vers le centre-ville vers 16h.  Normalement, nous devons retrouver Samuel et Xavier à l’inauguration du nouveau “Becs à Vin”. RDV pris à 18h. On a le temps de flaner un peu avant.

Passage obligé à la FNAC, Alex veut s’acheter un câble pour relier son iPhone à leur chaîne hifi. Le sien est mort (ou perdu, je  ne sais plus). “En rentrant,  je l’essaierai chez toi pour m’assurer que c’est bien le bon câble”. “Mais pas de souci :D “…

18h. Devant le “Becs à Vin”, ça caille sévère. Nous attendons Sam et Xavier. Tout ce petit monde se connaît déjà grâce à Facebook (Ahhhh Facebook **bave**) mais ils ne se sont jamais rencontrés réellement. Le temps de se claquer la bise, nous ne restons pas longtemps. Les garçons veulent repasser chez moi afin de se poser un peu avant d’aller au resto. Le temps de s’ouvrir une petite bouteille de blanc, de s’empiffrer de gâteaux apéro et de comater devant la tv.

C’est Alex et Arnaud qui se sont chargé du resto, ils ont demandé une adresse sympa à Sam via Facebook. “Ce soir, on va à l’Etage”. Mais c’est une idée qu’elle est bonne ça. Je vous suis les gars ^^ !

La bouteille se vide plutôt rapidement… Je vois Alex qui est en train de s’affairer, essayer des habits supers classes. Arnaud aussi est nickel chrome. Moi, en jeans, baskets et mon éternel gilet à capuche du week-end. “Hey Champion, tu te changes ?”

Bouarfffff, pas vraiment motivé à me mettre sur mon 31 (ans hu hu ), je me décide à obtempérer. Déjà parce que ça n’aurait pas été très respectueux pour mes amis mais aussi parce que je ressemblais franchement à un sac.

20h10. Alex emmène Yoshi se promener en bas de l’immeuble. Nous devons être au resto à 21h. J’ai le temps de me faire un petit rafraîchissement à la salle de bain, je sais quels habits je vais mettre : ceux qu’il me reste d’un peu habillés et surtout de propres (je n’avais pas eu le temps de laver mes chemises/pantalons de la semaine)… Donc, ça sera un peu improbable mais bon, ça fera l’affaire.

10 min dans la salle de bain, j’entends Alex qui remonte.

“Merde, il faut que je me dépêche, ils vont encore dire que je traîne… Oh et puis hein… On a le temps !”.

Et vas y que je chante, et vas y que je cours dans ma chambre à moitié à poils… Et vas y qu’Alex voit l’heure qui tourne et frappe à ma porte : tu te maaaaaaaagnes, tu fais quoi ? tu mets ton stérilet ?”…

Mouais, j’arrive, tranquille, on a le temps. pfiouuuu !

Je sors de la chambre,  j’entends la tv dans le salon. Mylène Farmer doit monter les marches à Cannes aux NRJ Music Awards. Il est 20 h30.

Et là… C’est le drame.

Mais que font tous ces gens chez moi alors que je m’apprête à partir au resto avec mes deux potes ?

A ce moment précis, pendant une ou deux secondes qui semblent durer une éternité, je ne calculais plus rien. “Où suis je ?” Et surtout “Qui sont ces gens ?”

Bah ‘-’, Sam et Xavier sont là ? On s’était pourtant dit au revoir tout à l’heure… Mais heuuu, Thomas et Clara ? C’est impossible, Clara est en Belgique normalement et Thomas doit passer la soirée avec ses amis de Paris.  Nico ? Mais nous ne sommes pas dimanche soir, c’est demain que l’on se voit pour un Mc Do.  Rom’ et Judith ? On est pas au Mans pourtant et Judith travaille le Samedi… Mais, je ne comprends rien… Mais Benjamin et François, vous êtes à Bourges normalement ou sur Facebook ! Que faites vous dans mon salon ? Cédric ? Ari ? C’est quoi tous ces gens ? Et… Nan, c’est impossible… **tente de se concentrer** : Que fait mon Lionel G au milieu de tout ce monde avec, à ses côtés, Damien ? Tous deux étant censés être à Bordeaux ce soir.

Bref, que des questions connes qui s’enchaînent dans ma tête à une vitesse folle au fur et à mesure que je reconnais les gens. Perception rendue difficile par un subit troublement de la vision dû, sans aucun doute, à des lentilles faiblardes en fin de mois (et en aucun cas à une quelconque envie de pleurer de joie devant cette vision de visages que j’aime tant. Faut pas déconner).

LES SALAUDS ! J’apprends que ce complot était mené par mains de maître par Alex, Arnaud et Samuel depuis des semaines, voir des mois. Et à aucun moment, je ne me suis douté de la moindre chose, jusqu’à l’instant précis où je suis rentré dans mon salon, je ne savais pas ce qui m’était réservé.

La gueule du mec qui ne voulait pas fêter son anniversaire parce qu’il estime ne pas le mériter.

17 personnes (avec l’arrivée de Clément, mon voisin, ancien collègue et ami), venues de tous horizons. Certains ne se connaissaient pas du tout ou s’était juste “rencontrés” sur mon mur Facebook. Des personnes venues de près, comme de loin. Et moi, au milieu de mon salon, avec la barbe et les cheveux en friches, habillé avec des fringues non coordonnées et surtout rouge d’émotion.

Facebook, grâce à qui tout ce complot a pu se mettre sur pied.

Gniiiiiiiiii, mais tout ce monde chez moi et je n’ai rien prévu pour manger, pour boire, sans compter que c’est un bordel monstre chez moi… Pourquoi n’aie je pas fait le ménage à donf comme prévu ? (**note à moi-même : ne plus jamais remettre au lendemain ce genre de chose**).

Bah, vous pensez bien que si je n’avais rien prévu, eux s’en étaient chargés. A manger et à boire en veux tu, en voila !

Je ne réalise pas vraiment. J’avais confié peu de temps avant à Samuel que je trouverais génial si mes amis, qui ne se connaissent pas, se retrouvaient pour une soirée. Comme un cross over entre deux séries. (Il a dû se marrer quand j’ai dit ça, ou avoir peur que j’aie des doutes sur quelque chose).

L’alchimie entre tous a pris à merveille. Comme une évidence en fait. Tout le monde parlait, souriait, riait…

Aucun voisin proche dans l’immeuble, musique à fond. (D’où le câble acheté à la FNAC dans l’après midi (pour ceux qui suivent encore)).

Mémorable. Je suis bien, je ne réfléchis pas, je me laisse juste porter par cette soirée organisée par des amis formidables. Je regarde, avec ce sourire niais et béat que je déteste tant, mes amis qui sont là… pour moi.

9 personnes resteront dormir chez moi. Avec moi ça fait 10. Oh my God, mais ça va être impossible ‘-’ Et pourtant, si. Puisque, bien évidemment, tout était prévu : matelas, duvet, oreillers etc. Je n’imagine même pas l’ulcère que je me serais tapé si j’avais eu à tout organiser ça moi même !

Le lendemain, les 10 survivors que nous sommes comatent à fond devant les Simpson.

Visite rapide de Sam et de Xav’ pour récupérer deux ou trois affaires laissées chez moi.

Bon, une visite d’Orléans s’imposent avant que tout le monde repartent.

Au fur et à mesure que l’après midi passe, les gens reprennent la route… Au final, il ne reste plus que Clara et moi. Thomas, qui était parti voir sa famille à Bourges, doit repasser la prendre pour repartir vers Paris.  Je commence doucement alors à réaliser ce qu’il vient de se passer.

19h. Je suis seul. J’ai l’impression que tout ceci n’était qu’un rêve. Et pourtant… non.

Cependant, comme dans tout rêve, le temps est passé beaucoup trop vite et le réveil est brutal.

Mes amis m’ont offert une peluche remplis d’argent… Les fous, ils ont fait des folies.

Alex m’avait toutefois précisé de bien regarder, une surprise s’y cachait. Quelqu’un qui n’avait pas pu être là avait toutefois tenu à participer… Ce quelqu’un, c’est… ‘-’

La main tremblante, je cherche et je trouve… je trouve une enveloppe contenant un chèque et un tout petit message. Quelques mots qui ont suffit à embuer mes yeux et c’est là, en relevant la tête et en redécouvrant mon appart vide comme à son habitude,  que j’ai craqué.  Je ne pleure et jamais et je déteste m’en vanter quand ça m’arrive mais c’était trop fort. Des émotions qui se sont accumulées tout le week-end, avec comme point d’orgue la découverte de ce mot.

Toutes ces personnes qui tiennent à moi et qui ont tenue à me le montrer. C’est hard quand même.

Cet anniversaire, je ne voulais pas le fêter… et pourtant, je ne l’oublierai jamais.

Commentaires
  1. Ygrek dit :

    Tu as beaucoup de chance dis donc ! Souvenir impérissable

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